Le blogue

Raconter et mettre en forme son modèle d’affaires avec GRP Lab.

Par Florence Krémer le 18 décembre 2014 / Aucun commentaire

Florence Krémer est Maître de Conférences à l’Institut d’Administration des Entreprises de l’Université de Bordeaux en France. Lors de son passage au Québec, elle animait la conférence « Le modèle d’affaires GRP: un outil à l’usage des entrepreneurs et de leurs conseillers.» qui s’est tenue à la rencontre-conférence du Groupe Relève Québec d’octobre dernier. Elle partage avec nous, ci-dessous, une réflexion sur le sujet.

Né dans les années 90’s avec l’apparition des premières start-up, le modèle d’affaires est aujourd’hui un concept largement mobilisé par les praticiens et les chercheurs afin de concevoir un projet de création d’entreprise, accompagner des porteurs ou établir un diagnostic d’entreprise existante, et ce quel que soit le secteur d’activité.

L’équipe de recherche en entrepreneuriat de l’Université de Bordeaux a théorisé la notion de modèle d’affaires sous la forme du modèle GRP (Verstraete et Jouison), lequel explique qu’un projet entrepreneurial doit générer de la valeur (la dimension G), en tirer une rémunération (la dimension R) et partager sa réussite (la dimension P) avec les partenaires (salariés, clients, fournisseurs, financeurs, actionnaires, etc.). Ce modèle a pour particularité de mettre l’accent sur les échanges gagnant-gagnant avec les parties prenantes en soulignant le rôle central de l’entrepreneur.

Dans le but de diffuser le savoir universitaire vers la société, l’équipe a mis ses recherches à disposition du grand public par le biais d’une plateforme de compétences baptisée GRP Lab. Cette plateforme offre des connaissances, des cas, des plans de cours sur le thème du modèle d’affaires. Parmi ces ressources, l’application GRP Storyteller est un outil d’aide à la conception ou la revitalisation d’un modèle d’affaires selon le modèle GRP. Elle est gratuite et permet de mettre au point un modèle d’affaires de manière collaborative, plus simple et ludique que la rédaction d’un plan d’affaires classique.

Dans le cas de la reprise, cet outil nous semble particulièrement utile pour faire concorder les représentations qu’ont le cédant et le repreneur. Ainsi, lors d’un terrain de recherche dans le secteur du bâtiment en France, les chercheurs de l’équipe bordelaise ont montré la pertinence du modèle d’affaires, par exemple pour le dirigeant d’une PME de 18 salariés proche de la retraite et sa fille aînée prête à reprendre l’entreprise familiale. Pour elle, raconter et mettre en forme le modèle d’affaires a été à la fois une expérience de synthèse émouvante « Toute la vie de mon père et de l’organisation tiennent dans ces pages » et stimulante : « Maintenant, je sais comment je veux faire évoluer l’entreprise ».

En ce sens, les échanges avec les membres du GRQ nous confortent dans l’idée que le modèle d’affaires pourrait compléter la liste des outils de communication lors d’une reprise entre les différentes parties prenantes et limiter les risques de conflit pour des cessions centrées sur la valeur et l’humain.

Lien : www.grp-lab.com

Référence : VERSTRAETE T. (dir.) et al. (2012), « Recherche-action pour apprécier l’utilité du Business Model pour les jeunes dirigeants du bâtiment », Revue de l’entrepreneuriat, vol. 11, n° 4, 67-94.


Pour rappel, chaque rencontre-conférence du Groupe Relève Québec est filmée. Et, en tout temps, tous les membres en règle ont accès à l’ensemble des vidéos passées. La vidéo de la conférence de Florence Kremer – ainsi que ses diapositives – sont ainsi disponibles (pour les membres) en suivant ce lienVous n’êtes pas encore membre? 

  • Mot(s)-clé(s): , , , ,
  • À propos de Florence Krémer

    Lire tous les articles de

    Poster un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *