Le blogue

La communication cédant-repreneur : un défi de taille.

Par Maripier Tremblay le 13 janvier 2015 / 1 Commentaire

Maripier Tremblay est Professeure et titulaire de la Chaire en entrepreneuriat et innovation de l’Université Laval. Le 25 novembre dernier, elle animait la conférence « Devine comment je me sens: un outil de communication cédants-repreneurs.» qui s’est tenue à la rencontre-conférence du Groupe Relève Québec. Elle partage avec nous, ci-dessous, une réflexion sur le sujet.

—-

La transmission d’entreprise est par définition un sujet délicat. Délicat parce qu’il vient toucher à certaines cordes sensibles. En effet, plus souvent qu’autrement, pour un entrepreneur, envisager laisser son entreprise aux mains d’un autre est difficile à concevoir. Même s’ils ne l’expriment pas formellement, plusieurs cédants évitent le sujet. De son côté, la relève, enthousiaste à l’idée de reprendre l’entreprise, souhaite pouvoir en discuter ouvertement avec le cédant et connaître les étapes à venir.

La communication entre le cédant et le repreneur est un élément clé de la réussite d’une transmission d’entreprise. Mais bien qu’elle soit essentielle, une communication efficace et franche est parfois difficile à instaurer. Dans un atelier tenu par le Groupe Relève Québec, un groupe de membres s’est penché sur ce défi qu’est la communication entre cédant et repreneur. De ces échanges, un outil co-construit est né, disponible aux membres du GRQ.

À travers les échanges et les discussions, il est apparu clairement qu’une piste d’explication de la difficulté du cédant à communiquer et verbaliser sur la transmission de son entreprise était liée à l’identité d’entrepreneur. Pour permettre au cédant d’être en harmonie avec son projet de sortie, il doit pouvoir transiter vers une identifié nouvelle, ou encore trouver une façon différente de faire vivre sa fibre entrepreneuriale. C’est une idée simple à comprendre, mais beaucoup plus difficile à mettre en pratique. Le repreneur, quant à lui, doit trouver une façon de s’affirmer et de prendre sa place, tout en respectant la personne qu’il s’apprête à remplacer et en évitant de nuire à la relation. Encore une fois, c’est beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît.

L’outil développé suite à l’atelier se veut un intermédiaire facilitant une communication ouverte et franche entre les acteurs, histoire de se dire « les vraies affaires ». Il offre un langage commun afin d’avoir une lecture partagée de la situation. Cependant, comme tout bon outil, il faut l’utiliser de façon adéquate et être en mesure de récupérer les choses… car si l’outil peut paraître assez ludique et simple, il peut ouvrir sur des zones de turbulence. Dans de telles situations, l’expertise et les compétences de l’intervenant qui l’utilise seront importantes pour assurer de maintenir l’harmonie et demeurer constructif dans la communication.

Je fais parfois l’analogie entre la transmission d’entreprise et la danse…dans les deux cas, il est nécessaire pour les partenaires de trouver un rythme commun, dans lequel chacun se sent à l’aise, tout en respectant le tempo de la musique (environnement). Mais en transmission d’entreprise, les chorégraphies ne sont pas toujours évidentes à maîtriser et se doter d’un bon coach est toujours une option à considérer!

Pour les membres, veuillez accéder à la zone-membre afin d’avoir accès au contenu, soit: le vidéo de la rencontre, la présentation en format pdf ainsi que l’outil de communication qui a été présenté.

  • Mot(s)-clé(s): , ,
  • À propos de Maripier Tremblay

    Je suis actuellement professeure en management à la Faculté des sciences de l'administration et titulaire de la Chaire en entrepreneuriat et innovation. Mes intérêts de recherche et d'enseignement portent sur l'entrepreneuriat, la reconnaissance d'opportunités et la créativité, les entrepreneurs naissants et la relève entrepreneuriale. J'enseigne des cours de premier et deuxième cycle sur l'entrepreneuriat,la transmission d'entreprise et la créativité.

    Lire tous les articles de

    One Response to “La communication cédant-repreneur : un défi de taille”

    1. janvier 14, 2015 at 4:30 , Germain Lafleur said:

      Bonjour,

      Tout à fait d’accord avec cette difficulté. L’analogie de la danse est aussi intéressante. Pour ma part j’utilise l’analogie du casse-tête, tant en théorie qu’en pratique. C’est une dynamique de groupe très visuelle et expressive.

      De plus, une autre façon de faciliter la communication chez le cédant est celle de briser avec lui les mythes qui l’empêchent d’initier la démarche et un de ces mythes est celui du départ.

      Il me fera plaisir d’en discuter avec vous si jamais ça vous intéresse.

      Bon succès à vous.

      germain Lafleur

      Reply

    Poster un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *